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Didier
Le Bihan : Le clair-obscur pour passion, invité d'honneur.
Privilégié
Didier Le Bihan ne s'en cache pas, sa peinture se vend bien, mais c'est
sans flagornerie qu'il évoque cette situation, d'autres moments ont
été moins faciles, il s'en souvient chaque fois qu'il signe une toile,
puisque le Marie ajouté à Didier son prénom n'est là que pour rendre
hommage à son épouse, sans qui, dit-il modestement, « Rien n'aurait
été possible » Cela donne une idée déjà bien précise de l'être
et de son état d'esprit. Il le cultive sur l'île de Sein, espérant y
trouver la sérénité nécessaire à l'élaboration de ses œuvres.
La notoriété l'y a suivie grandissant l'aura qu'il avait déjà à Douarnenez.
Elle n'est pas due au hasard, son travail témoigne d'une technique qu'il
pratique avec passion.
Ses toiles sont de véritables petits bijoux. Il dit volontiers qu'elles
ne sont pas aussi détaillées qu'on pourrait le croire, mais l'œil du
spectateur est là et voit tout de même de bien belles choses. C'est
en « clair-obscur » qu'il travaille, selon la technique des
flamands. Les glacis de peinture sont posés par couches successives
en opposition avec les couches de matière opaques pour donner à l'ensemble
un réalisme tout à fait surprenant.
Didier
Le Bihan se joue des oppositions et de la lumière avec talent. Il y
met quelquefois plusieurs années, laissant la toile et la composition
se reformer au gré du temps. Techniques, ancienne et moderne,
s'y côtoient, allégrement. Il traite sans à priori tous
les sujets passant des natures mortes au surréalisme. Sa technique en
est sublimée par le décalage qui s'y inscrit. On se retrouve dans une
autre dimension, celle que recherche sans doute bon nombre d'artistes
et que seuls quelques uns possèdent. Ne faisant plus d'exposition (sauf
dans son atelier galerie ) depuis plusieurs années, le salon considère
à juste titre que son invité lui fait le plus grand des honneurs .
Article du Télégramme de Brest, le 3 août 2002, édition de Châteaulin.
Plomodiern. |