La
technique de base pour Didier est celle de l'école Flamande
qui remonte au début du XV° siècle, avec la mise au point du
procédé à l'huile par Jean VAN EYCK, en 1410.
Didier enduit sa toile avec des craies ( plâtre, blanc de Meudon ).
Cet enduit va lui servir de fond blanc et apporter
la luminosité aux tons clairs. L'artiste atténuera ensuite cette luminosité
en superposant des couches successives et transparentes qu'on
appelle glacis. Dans cette technique, on évitera d'utiliser
la peinture blanche dans les mélanges (seulement
dans des cas bien précis,pour éteindre les couleurs).
Les couches ainsi ajoutées les unes aux autres, vont masquer
l'enduit à des degrés plus ou moins importants. Chacune des couches
de glacis s'effectue après un séchage qui peut varier de 3 mois à
1 an. Plusieurs toiles sont mises en chantier au même moment. La peinture
débute par les tons les plus clairs; les ombres sont apportées ensuite
pour accentuer le contraste.
Dans sa palette Didier utilise 3 tubes de couleur , un jaune de
cadmium, un rouge japonais et un bleu d'outremer. Une terre d'ombre
brûlée est rajoutée pour les fonds, puis le noir de mars. Le blanc,
(voir ci-dessus) n'est utilisé qu'en tout dernier et seulement
dans certaines parties de la toile afin de créer des opaques où la
lumière est filtrée.
Toute cette technique, Didier l'a parfaitement intégrée. Il
peint sans y penser et vous dira: « certaines personnes pensent
que la technique ce n'est pas si important, je leur réponds
qu'on peut peindre sans technique mais qu'on atteint vite ses limites
créatives car la technique vous libère et vous permet de créer
sans contrainte ni blocage. Lorsque je peins un objet, il n'est
jamais devant mes yeux. J'en ressens les contours, les ombres et les
lumières; je le vois mais sa présence physique ne peut être que néfaste
à ma créativité. Sa présence n'est requise que pour l'esquisse. Dessinez
le sommairement, sans ombre ni couleur; pour peindre plus besoin
de lui. Qu'il ne vous impose plus ses formes ni ses couleur, l'imagination
et les acquis feront le reste, c'est ça l'inspiration ! ».
Didier Le Bihan a trouvé sa façon de peindre, en associant techniques
ancienne et moderne il donne à ses oeuvres une luminosité particulière
qu'aucun écran d'ordinateur ne peut intégrer.